Bonsoir Sylvain,
Je te rassure tout de suite, si je t'écris ce soir, ce n'est pas pour te faire des reproches.
Mais contrairement à toi, je dois faire le deuil de tout l'amour que j'éprouve pour toi, et que bientôt j'exprimerai par « l'amour que j'ai eu pour toi... »
Tout le monde connaît ce proverbe populaire, qui dit que « l'Amour rends aveugle ».
Lorsque je me retourne sur notre histoire, je dois me rendre à l'évidence que ç'a été mon cas, quoique tu en dises, et malgré la douleur et les dommages que cela provoquent sur la confiance et l'estime que j'ai pour moi, déjà si fragiles...
Mais quelle importance pour toi ?...
Combien de fois t'ais-je pris en défauts, à me cacher la vérité, à me mentir, et ce, dès les 1ers mois... J'ai su à chaque fois te pardonner, car c'est là une des plus belles preuves d'Amour à mon sens.
Toi, tu n'en as pas été capable, ou si peu...
Je dois dire qu'à l'époque ou tu jouais dans Belle Belle Belle, j'avais très nettement ressenti que ton rapport à l'argent te rendais arrogant vis-à-vis de moi, que tu te sentais te pousser des ailes, me faisant douter de l'Amour que jusque là, tu disais régulièrement me porter...
Tu connais l'histoire mieux que moi, et en raison de l'abandon prématuré du spectacle, la situation n'a durée que bien peu de temps pour savoir jusqu'ou, ton autonomie financière assurée, celle-ci aurait affectée notre couple ?!...
Avec le temps, tu as pourtant réussi à me faire croire que toi aussi, tu souhaitais baser notre relation sur le dialogue et la sincérité.
J'ai aussi eu peut-être ma part de responsabilités, parce que l'amour rend naïf : celle d'avoir cru sans jamais me poser de question, et malgré les avertissements de certains de mes proches, que nous partagions exactement la même définition de la loyauté entre 2 personnes qui s'aiment.
Je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais c'est pourtant la vérité.
J'ai retrouvé mes cahiers de comptes que je tenais jusqu'en 2005.
Ca n'avait rien de prémédité envers toi, puisque je le faisais avant même de te rencontrer...
J'ai toujours été là pour toi, et tu ne peux nier que j'ai été très patient.
Bien sûr, il y eu des périodes ou tu gagnais correctement ta vie, et tu participais de toi-même plus généreusement aux dépenses communes...
Mais la précarité de ton métier, de tes contrats, jusqu'en 2007, créait un lien de dépendance vis-à-vis de moi, du confort que cela t'apportait (comme tu me l'as dit toi-même), et de la sécurité...
Quant à moi, je n'en t'ais jamais fait le reproche, car je sais que tu as du talent, et qu'il ne s'agissait que d'une question de temps afin que les choses se rééquilibre.
Je t'avais cependant fait part à plusieurs reprises, tu ne peux pas l'avoir oublié, qu'à force d'entendre quelques-uns, évoquer qu'au moment ou te gagnerais suffisamment d'argent pour pouvoir être autonome, tu me quitterais ! ...
Puisque qu'à mon sens, entre 2 personnes qui s'aiment, il n'y a aucun sujet tabou, j'ai souhaité que l'on en parle ouvertement ensemble...
C'est étrange comme aujourd'hui je me rends compte que cela te rendais à ce point mal à l'aise : tu n'as jamais supporté l'idée même que je puisse aborder ce sujet.
Le peu de fois ou j'ai ressenti le besoin de t'en parler, tu retournais aussitôt la situation en exprimant tristesse et indignation qu'en à la possibilité que je puisse un seul instant concevoir une telle malhonnêteté de ta part ... Et comme je t'aimais infiniment, je me contentais facilement de ta réaction pour négliger cette angoisse.
Mais maintenant, mets-toi quelques instants à ma place, et tu comprendras pourquoi je ne peux plus être sûre de rien, qu'un seul instant tu as été sincère avec moi, honnête avec toi-même !...
Il ne fait aucun doute pour moi que ce ne sont pas là les fondements d'un Amour loyal et intense.
Je me rappelle très bien les difficultés que tu rencontrais en 2006 pour parvenir à un nombre suffisant de cachets pour t'assurer le versement des ASSEDICS.
Tu y es parvenu, et ta situation, à ma grande joie, te permettait d'être un peu plus à l'aise financièrement, de pouvoir te ou nous faire plaisir...
Mais voila qu'en 2007, ton contrat avec La Distillerie, tes galas récurrents avec ta chorégraphe, et surtout, enfin, une bien meilleure visibilité sur la pérennité de ton activité, (Tu sais déjà qu'en 2009, tu es reconduit sur le nouveau spectacle de Patrice...) t'ont permis d'envisager 'enfin' ta vie sans moi !...
Voilà la vérité Sylvain ! ... Tu as bien profité de moi, et je sais maintenant que cela faisait déjà plusieurs mois avant décembre de l'année dernière, que tes sentiments pour moi se résumaient toute au plus a de l'affection...
Il ne peut pas s'agir d'une coïncidence.
Tu m'as quitté quand tu as su que tu en avais la possibilité, et la façon dont tu t'y es pris est la meilleure preuve que tu n'en avais plus rien à foutre de moi...
Tu as pris ta décision seul, en prenant bien soin d'assurer tout de même tes 'arrières', en me trompant impudemment, sans aucun respect pour moi.
Pire, tu n'as pas hésité à rejeter une partie de la fin de notre relation sur moi, en prétendant que ma dépression t'était devenue insupportable...
Tu disais que j'étais l'homme de ta vie, combien de fois m'as-tu répété que tu m'aimais ??...
Je dois t'avouer que je n'ai pas la moindre idée de ce que signifie AIMER quelqu'un, pour toi, et à vrai dire, je crois que celui d'entre nous qui est le plus à plaindre, c'est toi, car, j'en ai la conviction, on ne se sert pas indéfiniment des autres, en jouant avec leurs sentiments, sans qu'un jour, on ne le paie très cher.
Comme s'il fallait rajouter un autre exemple de ton hypocrisie, tu m'as dit que je garderai toujours une très grande place dans ton c½ur...
Dans ce cas, ne crois-tu pas que la moindre des choses aurait été que tu répondes à mon message sur GAYRRIER, dans lequel je te demandais simplement si tu avais reçu mon SMS ?...
Au lieu de cela, tu m'as ignoré ! ...
Pourquoi tant de mensonges ?...
Ce qui m'apporte un peu de réconfort aujourd'hui, c'est que tout le monde a bien dû se rendre à l'évidence, à commencer par ta mère, même si ça la blesse profondément, car elle ne te croyait pas capable, à ce point, que tu puisses jouer un double jeu, faire preuve d'autant d'arrogance et d'indifférence par rapport aux décisions et aux actes que tu prends, en ne pensant, hélas, qu'à toi...
J'espère qu'un jour tu te rendras compte que tu as laissé se développer en toi un égoïsme et un narcissisme qui te profitent probablement sur l'instant, mais qui finiront, si tu n'y prends pas garde, par te retrouver bien seul, car à ne trop penser qu'a soit, se sont les autres qui se détournerons de ta compagnie...
Et peut-être aussi, un jour, tu te rendras compte à quel point tu as été cruel avec moi...
Je n'aurai jamais imaginé qu'après tout ce que l'on a vécu ensemble, de tout l'Amour que je t'ai donné, tu puisses, un jour, me faire ça...
Eric